Qu'est-ce qu'un comité de liturgie? Quelle est sa mission?

NDLR:Voici la deuxième partie du texte de Rodhain Kasuba Malu sur le comité de liturgie. C'est un texte à partager librement avec les membres de vos comité de liturgie.

 
6. Comment préparer une célébration ?

Un comité de liturgie responsable de la préparation des célébrations dominicales doit penser à divers éléments. Il doit notamment préciser ce que l’Église nous fait célébrer dans la liturgie du dimanche, et penser à la vie de la communauté qui est le sujet de la célébration. Ensuite, il doit organiser la célébration, en pensant aux moyens et aux personnes pour réaliser cette liturgie, afin que la communauté en soit nourrie.

Pour préparer une célébration et pour la rendre vivante et participative, je suggère la démarche suivante en deux temps :

Premier moment (ce moment peut se vivre à la maison, avant la rencontre)
            Chaque membre est invité à :

·       Regarder les données rituelles. Que célèbre-t-on c e jour- là ? S’agit-il d’un dimanche ordinaire ou d’une solennité ? Quel est le mystère célébré en ce dimanche ? Y a-t-il un événement relié à ce dimanche ?

·       Données bibliques. Avant de se précipiter sur des gestuels ou visuels à faire, il importe avant tout d’écouter la Parole de Dieu. Que dit la Parole ? Que nous dit-elle ? Quel est le thème général du dimanche qui se dégage à partir de la Parole ? Il est donc important que les membres du comité aient lu et médité au préalable les textes de la Parole. Habituellement la lecture de la Parole offre une idée sur le thème du dimanche.

·       Regarder les données pastorales : qui présidera la célébration ? Quels acteurs liturgiques interviendront (adultes, jeunes, enfants) ?  De quels moyens techniques disposons-nous pour traduite le thème et lui donner un corps dans la célébration ?

 

Deuxième moment (ce moment se vit en équipe)

Chaque membre est invité à apporter sa contribution pour chercher :   

·       Comment traduire la Parole et le thème durant la célébration pour que l’assemblée reparte avec un message de vie.  Sur quoi met-on l’accent : la Parole (mettre en relief l’homélie) ? Le chant ? un gestuel ? Un visuel ? Une prière ? Un témoignage ? De l’échange sur la Parole et à partir d’elle va se dégager un axe autour duquel sera bâti la structure de la célébration (en tenant compte évidemment du schéma du missel).  Cette étape permet de découvrir à quel point la Parole est source de grande fécondité et à quel point elle vient souvent éclairer notre existence. Aussi, cette étape peut-elle aboutir à l’expression d’un thème dans un symbole, un gestuel ou un visuel. Puisque la liturgie est étymologiquement une action, elle ne requiert pas des compétences intellectuelles extraordinaires. En revanche, elle a besoin d’une écoute attentive, d’un regard qui sait scruter la Parole et la vie. De toute évidence, le comité de liturgie n’invente pas la liturgie, il lui donne toutes les chances de se déployer de manière vivante, significative et féconde pour l’assemblée.  Pour cela, il lui faut être attentif à l’espace, au rythme, au temps et à l’unité de la liturgie.

·       L’une des tâches importantes du comité de liturgie consiste à accorder de l’importance aussi bien à la préparation qu’à l’évaluation des célébrations.  Ce travail d’appréciation laisse de la place pour des améliorations et des ajustements.

  
7.    Outils et instruments au service de la préparation liturgique.

Nous disposons de plusieurs outils de qualité pour préparer les célébrations liturgiques. Au nombre des outils de base et indispensables à la préparation liturgique, figurent le missel et le lectionnaire dominical, vulgarisés ici par le Prions en Église. Le missel et le lectionnaire demeurent une source essentielle en formation et informations liturgiques. D’autres outils sont d’ordre didactiques : ce sont des revues spécialisées (écrites ou en ligne), dont le rôle est précieux : elles permettent de gagner du temps et d’acquérir des informations supplémentaires. Ce sont souvent des travaux de qualité faits par des spécialistes. Cependant, étant donné qu’il n’existe pas de prêt-à-porter en liturgie, on ne devrait jamais se servir littéralement de ces outils. Il importe de toujours ajuster leur contenu à la vie et aux préoccupations de la communauté locale.
 
Rodhain Kasuba Malu
 
 
 

 

Lectures faites, lectures partagées

L'abbé Rodhain Kasuba nous partage ses impressions de quelques livres qu'il a lus récemment. Ça donne le goût de l'imiter.

-Jacques Lison, Le bon Dieu permet-il vraiment le mal ? (2018). 


Dans ce petit livre de 32 pages, Jacques Lison prend à bras le corps la question de la relation entre Dieu et le mal, et il la met à la portée de tous. Lire ce livre c’est arpenter avec l’auteur ce massif, que représente le mal, avec ses tracés sinueux, ses détours, ses contours et ses sommets. C’est au final offrir au regard une nouvelle perspective. L’auteur le fait avec rigueur, passion et érudition. Débusquant les pièges auxquels aboutissent certaines justifications de la bonté de Dieu en dépit du mal qui existe dans le monde, il interroge la parabole de Job et nous invite à devenir partenaires de Dieu dans la lutte contre les sources du mal. 


- Pape François, L’exhortation apostolique Soyez dans la joie et l’allégresse. 


Au début du ministère du pape François, un prêtre jésuite américain, le père Ryan Duns, le qualifiait de « jazzman ». Il établissait par là un lien entre le style de la musique jazz et le style pastoral de l’évêque de Rome. Il écrivait alors : « Le pape François est davantage un musicien de jazz, à même de se caler dans la rythmique profonde de la musique qui l'entoure et de jouer avec, l'adapter et la transformer. Ses mots ne colonisent pas la musique autour de lui, ne l'éclaboussent pas, mais l'envoient dans une nouvelle tonalité – celle du Christ – et nous rappelle à tous que le Christ est la véritable clé à la musique de notre vie. » Force est de constater que ce rapprochement n’est pas dénué de sens. Au fil des années, dans ses gestes, dans ses paroles et dans ses écrits, le pape François n’en finit pas de nous surprendre. Sa dernière exhortation apostolique en est un exemple. Tout comme dans La Joie de l’Évangile (2013) et dans La joie de l’amour (2016), dans la dernière exhortation apostolique Soyez dans la joie et l’allégresse (2018), le pape nous rappelle le lien très intime entre la vie chrétienne et la joie. La joie est résolument l’un des marqueurs de son ministère pastoral. L’exhortation porte en fait sur la sainteté. Une lecture sommaire de celle-ci laisse croire que le pape François nous en donne une vision volontariste. Pourtant, le saint Père réussit à mettre ensemble la grâce et la part humaine. Ce vibrant appel à la sainteté, rédigé comme un Cours 101 autour de cinq méditations, est traversé par le souffle palpable des Exercices spirituels de saint Ignace de Loyola. Aussi, voit-on se dévoiler en filigrane un précieux témoignage du récit de sa propre vie de foi et de sa quête intérieure. Le pape s’adresse à nous dans une familiarité très affectueuse. Sans prétendre écrire un traité sur la sainteté, il nous partage l’idée qu’il se fait de celle-ci, comme les moyens d’y arriver : ces derniers sont accessibles à tous et toutes. À peine sortie, cette exhortation croise malheureusement déjà la route des traditionnels détracteurs du pape qui, à l’instar des scribes et pharisiens, guettent à la loupe ses moindres dires et gestes. En cause cette fois-ci, le rappel insistant du pape que l’accueil des migrants n’est pas secondaire par rapport aux questions bioéthiques. En cela, oui, le pape dérange. 


-Yves Duteil, Et si la clé était ailleurs (2017). 


Qui, après avoir lu La petite musique du silence (2013), n’a pas éprouvé une sorte de ravissement intérieur? Yves Duteil nous revient avec un nouveau livre. L'auteur-compositeur-interprète français, connu surtout dans Prendre un enfant par la main, se confie comme sans doute il ne l'a jamais fait. Page après page, on chemine en compagnie de l’artiste dans sa recherche spirituelle. Ses mots murmurent sa vie, crie sa passion d’artisan de la chanson. Ils évoquent son regard sur la vie et ses mystères, disent ses sentiers de spiritualité, traduisent sa quête de sens, sans occulter ses interrogations. 


-Joseph Ratzinger, Foi et Avenir (1971). 


Refuser de lire ce livre au motif que sa date de parution est lointaine ou à cause du nom « Ratzinger », c’est passer à côté d’une pépite. J’ai failli m’y méprendre, n’eût été l’insistance d’un ami m’invitant à m’y plonger. Le regard que le théologien Ratzinger posait sur l’Église est d’une rare actualité. Avec une lucidité affinée, l’auteur aborde la question de l’avenir de l’Église dans une société et à une époque qui se trouvaient être à ce moment-là en pleine mutation culturelle et sociale. Je vous laisse apprécier la justesse de son regard sur l’Église dans ces quelques extraits : « De la crise d’aujourd’hui, écrit-il, émergera une Église qui aura perdu beaucoup. Elle deviendra petite et devra repartir plus ou moins des débuts. Elle ne sera plus en mesure d’habiter la plupart des édifices qu’elle avait construits au temps de sa prospérité. Et étant donné que le nombre de ses fidèles diminuera, elle perdra aussi une grande partie des privilèges sociaux (…). Elle resurgira par les petits groupes, les mouvements et une minorité (…). Ce sera une Église plus spirituelle, qui ne s’arrogera pas un mandat politique flirtant de-ci avec la gauche et de-là avec la droite (...). En fait, le processus de la cristallisation et de la clarification la rendra pauvre, la fera devenir une Église des petits, le processus sera long et pénible (…), mais après l’épreuve de ses divisions, d’une église intériorisée et simplifiée sortira une grande force. » Un livre à lire… (On peut le trouver à la bibliothèque de l’université d’Ottawa). 

Qu'est-ce qu'un comité de liturgie? Quelle est sa mission?

NDLR: Voici la première partie d'un texte de Rodhain Kasuba Malu, curé à la paroisse Notre-Dame de l'Eau Vive, sur le comité de liturgie. Il a accepté l'invitation du Comité de liturgie diocésain de le  partager avec toutes les personnes qui s'intéressent à la liturgie. Bonne lecture!


1.    Comité ou équipe liturgique ?

Dans le mot comité (du latin comittere : commettre) l’accent porte sur le fait de «mettre ensemble» (selon le dictionnaire, un comité est un groupe restreint de personnes à qui est confié la charge d’une mission, d’une question particulière). Alors que le mot  comité met l’accent sur la collaboration, l’équipe (étymologie, du vieux français= attachement en vue d’un but) souligne davantage la visée ou le but commun, la réalisation collective (selon le dictionnaire, une équipe est un groupe de personne ayant le même but ou devant accomplir ensemble un travail).Comité ou équipe de liturgie, selon l’accent porte sur une collaboration ou sur la réalisation commune, revient à signifier le groupe de baptisés travaillant à une même tâche ou unissant leurs efforts dans le même dessein : veiller à la préparation et à la réalisation des célébrations liturgiques dans la communauté chrétienne.  Un comité de liturgie peut également avoir comme mission de donner des orientations liturgiques utiles à la vie d’une communauté (une paroisse, un diocèse, une région, un pays, etc.)

 
2.     Sa nature

            La nature d’un comité de liturgie varie selon la situation des communautés (diocèse, paroisse ou succursale…) et souvent selon les ressources humaines disponibles. Dans une communauté disposant de ressources humaines suffisantes et variées, l’équipe ou le comité de liturgie sera constitué des personnes venant de différents secteurs liturgiques et pastoraux de la communauté (animateurs,  animatrices, lecteurs, lectrices, musiciens,       musiciennes, responsable des chants, agents et agentes de pastorales, théologiens, biblistes, liturgistes,…) et se réunira de façon régulière, tandis que dans des communautés n’ayant pas de ressources humaines suffisantes, le comité regroupera essentiellement quelques personnes de bonne volonté, essentiellement des agents de liturgie, qui se rencontrent de manière régulière ou au gré des besoins. La nature d’un comité liturgique varie donc selon les conditions et les situations des communautés.  Peu importe la nature d’un comité, ce qui importe c’est l’esprit dans lequel les membres travaillent, le désir de collaborer pour la mission, le souci de rendre les célébrations vivantes et participatives, la capacité d’être à l’écoute de la communauté.

 
3.    Pourquoi un comité de liturgie ?

L’importance d’un comité de liturgie tient à la place même de la liturgie dans la vie de l’Église. Selon le concile Vatican II, la liturgie chrétienne, particulièrement la liturgie eucharistique, est le lieu de la réalisation de l’œuvre du salut continuée par l’Église : «Le Christ est toujours là auprès de son Église, surtout dans les actions liturgiques. Il est là présent dans la célébration eucharistique» (SC 7), Il n’est donc pas étonnant de constater que dans un bon nombre de communautés (paroissiales ou diocésaines), le comité de liturgie est né avant le formation du comité de pastorale. Même souvent il y a des paroisses qui n’ont pas de comité de pastorale, alors qu’elles ont un comité de liturgie.

 
4.    Sa mission

Le comité de liturgie travaille, en lien avec l’équipe pastorale, à la préparation et à la réalisation des célébrations liturgiques dans la communauté chrétienne. Ils s’occupent plus particulièrement de la célébration liturgique dominicale (l’eucharistie ou, dans certains, cas la liturgie de la parole). S’il est vrai que dans certaines communautés, le comité de liturgie consacre plus de temps et de soin à la préparation et à la célébration des temps forts liturgiques de l’année (Avent et Noël, Carême et Pâques), il n’en demeure pas moins que sa mission couvre la célébration du mystère chrétien conformément au calendrier liturgique annuel. Selon le degré d’implication, les membres d’un comité de liturgie peuvent aussi préparer les célébrations liturgiques sacramentelles. La mission d’un comité de liturgie peut consister également à fournir des orientations sur la vie liturgique de la communauté : préparation et organisation des célébrations, organisations des services, méditation de la Parole, regard sur les différentes parties de la célébration, proposition visuelle, du geste, du chant selon les besoins ; voir aux aménagements liturgiques utiles, etc.

 
5.    L’importance de la formation

Dans beaucoup de cas, les membres des comités de  liturgie sont des personnes de bonne volonté qui n’ont pas de  préparation spéciale et qui apprennent sur le tas, en comptant sur l’effort technique ou les connaissances  du pasteur. Toutefois, le dynamisme d’un comité grandit avec la formation et le ressourcement des membres. Étant donné que la liturgie entretient une parenté avec l’art, il est important que les membres du comité de liturgie soient régulièrement initiés par des formations adéquates à l’art de célébrer. Le concile Vatican II insiste sur la nécessité de la formation permanente des acteurs de la liturgie. La formation et le ressourcement gagneront à ne pas se limiter à la seule initiation liturgique.  Dans le contexte actuel où de plus en plus des baptisés prennent une part active dans la vie de l’Église, la formation liturgique pourra également initier les membres du comité  à une formation élémentaire de théologie, à la Parole, à la pastorale, à la catéchèse, etc., car la liturgie est le lieu de la rencontre des toutes ces disciplines…
                                                                                               Rodhain Kasuba Malu
À suivre...
 
 
 


 

 
La grâce de la foi est Divine Miséricorde

            Depuis plusieurs années, le 2e dimanche de Pâques est aussi celui de la Divine Miséricorde. Pour me préparer à écrire, je lis les textes bibliques et les différents commentaires proposés. Quelques fois, c’est un des textes du dimanche qui fait monter en moi une réflexion. D’autres fois c’est une phrase lue au hasard de mes recherches qui vient stimuler ma pensée. C’est le cas pour ce dimanche. La petite phrase vient du P. Emmanuel Schwab de la paroisse Saint-Léon à Paris : la grâce de la foi est Divine Miséricorde.

            Une toute petite phrase, qui pour moi, vient transformer encore une fois le regard que je pose sur Thomas dans l’Évangile de ce dimanche. Il est utile pour nous qu’il se soit montré sceptique. Cela nous permet de réfléchir encore une fois sur le mystère de la foi et sur la grandeur de cette foi au cœur des croyants. On ne peut mesurer la foi comme nous mesurons les performances olympiques. Ce n’est pas une question de dépassement physique ou personnel. La foi est une grâce, un cadeau.

            La parole de Dieu est vivante, changeante. Elle nourrit notre foi. Elle vient nous dire des choses différentes chaque fois que nous la fréquentons. L’Esprit continue à agir à travers elle pour qu’elle continue à être Parole de vie pour nous aujourd’hui. Ce que nous voyons dans l’Évangile d’aujourd’hui, c’est la Miséricorde de Dieu à l’œuvre en Jésus ressuscité face à Thomas. Qu’importe les doutes, les hésitations, c’est d’abord la Miséricorde de Divine, incarnée dans le Christ qui nous donne la grâce de croire. C’est elle qui nous accueille quand reconnaissons la présence de Dieu dans nos vies et dans celles des autres autour de nous.

            Thomas avait besoin de voir les plaies de Jésus, de les toucher. Mais, quand il le voit, ses doutes s’envolent et il croit. La grâce de la foi lui est donnée. Il ne faut pas penser que la foi est un acte volontaire. On ne décide pas de croire et ça y est. La foi, ce sont tous les signes que Dieu met sur nos chemins et qui travaillent notre âme durant toute notre vie. La foi est l’œuvre de la miséricorde de Dieu pour les humains. C’est l’amour qui nous amène à la foi et non le contraire. Et cet amour agit à travers la Divine Miséricorde.

            Tous les chemins sont bons pour arriver à la foi. L’important quand cette étincelle de foi s’allume, c’est d’en prendre soin, de reconnaître Jésus Christ comme notre sauveur et de continuer à prier le Ressuscité, incarnation de cette Miséricorde Divine toujours en action dans notre monde et dans nos cœurs.

                                                Ouvrons nos cœurs à la Divine Miséricorde,

                                                                                                Suzie Arsenault